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La prière de simple regard

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            On ne peut que recommander la lecture de ce court mais riche recueil que nous donne Bertrand Gamelin, o.s.b., aux Éditions de Solesmes[1]. Le sujet en est la « prière de simple regard ». Voici la présentation qui en est faite en quatrième de couverture, rappelant les trésors de la « prière du cœur », chère à Dom Guéranger, dans l’Occident catholique :

            « Ce livre nous rappelle que la prière n’est pas seulement paroles et sentiments, mais qu’elle renferme une dimension plus profonde, plus paisible et silencieuse. Ce n’est pas uniquement en Extrême-Orient que nous trouverons cet aspect, mais aussi dans le christianisme ! On a pu l’oublier parfois, soit à cause d’un excès d’intellectualisation - alors que la prière doit être « savoureuse » -, soit à cause d’un excès de sentimentalisme, risque toujours présent. L’homme est avide d’un vrai silence, le silence face à Dieu.

            C’est de ce silence dont nous parlent les textes présentés ici. Ils ont été choisis par un moine de Solesmes. Ils vont du 16e au 19e siècle. Pourquoi ? Quand on parle de silence intérieur, de contemplation, de prière de simple regard, on pense beaucoup actuellement aux Pères, à l’hésychasme, à la mystique rhénane, à l’école Carmélitaine. Mais la tradition de la prière de simple regard ne s’est jamais perdue dans l’Église. Ce petit livre veut en témoigner. »

            Les auteurs spirituels retenus, allant du 16e au 19e siècles, sont tout à fait pertinents dans leur approche de ce mystère vivant de l’oraison contemplative toute tournée vers Dieu seul, comme une connaissance amoureuse, un humble retour à l’essentiel, un pèlerinage mystique vers le centre, dans le recueillement dépouillé, confiant, paisible et silencieux et la recherche, dans la nuit obscure et le désert aride, de la vision bienheureuse, source d’eaux vives, de la Face lumineuse du Dieu Vivant. Et ce « simple regard » (comme le dit le titre Jésus, simples regards sur le Sauveur du P. Lev Gillet, qui signait « un moine de l’Église d’Orient ») unifié de l’ « œil du cœur »  est possible parce que nous nous savons et sentons regardés et aimés auparavant du Ciel.

            Vu le sujet du recueil, d’autres auteurs auraient pu être aussi retenus, même s’il faut évidemment faire un choix subjectif. On trouve ainsi chez l’Abbé d’Étival (en Lorraine) Épiphane Louys la mise en avant de l’exercice du « simple regard de la Majesté de Dieu en nudité de foi »[2], de même que chez son disciple le P. Michel La Ronde[3], Prémontré lui aussi. Suspecté semble-t-il à tort de quiétisme (lire à ce propos sa dix-huitième conférence où il parle de l’oisiveté condamnable des faux mystiques), Épiphane fait souvent référence à Bernières, à Malaval, à saint François de Sales ou à Jean de Saint-Samson et aux deux réformateurs du Carmel. On retrouve aussi cette « oraison de simple regard » chez le Bénédictin Dom Claude Martin, le fils de sainte Marie de l’Incarnation.

 

[1] La prière de simple regard. Petite anthologie, 2005. Un autre ouvrage, du même auteur aux mêmes éditions, vient le compléter : Mystiques de l’Angleterre médiévale. Anthologie, 2010.

[2] Lire ses Conférences mystiques sur le Recueillement de l’âme pour arriver à la Contemplation du simple regard de Dieu par les lumières de la Foi (Paris, Chez Christophe Rémy, 1676), prêchées et rédigées pour les Bénédictines du Saint-Sacrement de Catherine de Bar/Mectilde du Saint-Sacrement dont il était proche.

[3] Lire sa Pratique de l’Oraison de Foi, ou de la Contemplation divine par une simple vue intellectuelle. […] (Paris, Chez Christophe Rémy, 1684).

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